L’histoire d’Annabelle, 16 ans
« J’ai maintenant seize ans mais je crois que
j’ai commencé à avoir un problème à douze. J’étais devenue très
préoccupée par mon poids et mes formes. J’avais pris un peu de
poids et j’ai été très blessée quand un garçon de ma classe m’a
traitée de grosse. Même si cela marchait plutôt bien en
cours, je trouvais que rien n’était assez bien et que je n’étais
jamais assez bonne.
Je mangeais de moins en moins et j’ai perdu
beaucoup de poids. Mais je pensais toujours que j’étais trop forte.
Quand je me « sentais » grosse je n’avais vraiment pas le moral.
J’ai arrêté de voir la plupart de mes amis et je suis devenue
obsédée par mon poids et ma silhouette.
Je vérifiais sans cesse mon ventre et mes
fesses dans le miroir, en détail, jusqu’à trente fois par jour.
Parfois j’étais frigorifiée et je trouvais de plus en plus
difficile de faire les choses à mesure que je maigrissais.
Je me pesais au moins cinq fois par jour et si
mon poids ne baissait pas, je me restreignais encore plus. Mais
parfois, je me jetais sur les gâteaux et le chocolat. Après je me
sentais coupable et écœurée et donc je voulais encore plus perdre
du poids. C’était comme si je tournais en rond, sans moyen de
m’échapper.
Une de mes profs a remarqué que je ne mangeais
rien le midi et que j’avais maigri. Elle a parlé à mes
parents qui m’ont emmenée dans une clinique.
Au départ je ne voulais rien savoir, je ne
voulais pas être aidée. Mais j’ai commencé un traitement appelé
Thérapie Cognitivo-Comportementale
(TCC). J’ai appris à faire des liens entre mes pensées, mes
émotions et mon comportement. Plus important encore, j’ai appris
que je pouvais manger régulièrement, sans forcément grossir.
Peu à peu j’ai repris du poids sans être
obligée de me peser ou de me vérifier dans le miroir. Ça n’a pas
été facile. J’ai doucement mangé à nouveau les aliments que
j’évitais avant. Parfois, j’ai encore des préoccupations sur ce que
je mange, mais je sais que c’est juste une façon de penser ou
d’agir parmi d’autres. Et je peux choisir d’agir autrement.
J’adore de nouveau sortir tard avec mes amis.
Je ne me dispute plus autant avec mes parents, au mois pas au sujet
de la nourriture. »